François Sagan
Je n'ai jamais su définir ce sentiment. De l'amertume ? De la rancœur ? Du dégout contre quelque chose que moi-même je ne sais pas ? De la colère mêlée à de l'écœurement, mais dans ce cas contre quoi ou qui ? Les gens ne comprennent cette aversion que j’éprouve face à la vie, cette « chose » qui m’habite depuis aussi longtemps que je me souvienne et qui me donne la nausée.
Personne n’a jamais compris car personne n’a jamais voulu comprendre.
Définir ce sentiment et sa cause doit être la chose sur laquelle j’ai dû le plus réfléchir, mais sans jamais ne parvenir à rien. J’y pense encore, et j’y penserai certainement encore très longtemps…
Imagine
Imagine, laisse-toi porter par les songes,
Dans cet endroit, loin du temps, des mensonges.
Enivre-toi de ces douceurs irréelles,
Sur les sentiers opalins d’un hasard immortel.
Loin de notre monde, de son triste chagrin,
Dans ces contrées imaginaires, cet océan sibyllin.
Imagine sans penser aux instants du passé,
Ni a ce futur incertain que nous n’avions trop espéré.
Oublie les flots du temps qui malgré nous emmène,
Dans les méandres de la vie qui sont nos peines.
Pour s’en aller loin là-bas, nulle part et partout à la fois,
Voguer éternellement dans le vent au son de sa voix.
Into the Wild.
Tout juste diplômé de l'université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l'existence confortable et sans surprise qui l'attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui.
Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres.
Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s'aventurant seul dans les étendues sauvages de l'Alaska pour vivre en totale communion avec la nature.
Sublime serait le mot qui le décrirait, mais ce n’est pas assez fort…Des paysages magnifiques, une belle philosophie, une histoire poignante et bouleversante en même temps. Pour moi c’est un vrai chef-d’œuvre. Le fait de savoir que c’est une histoire vraie met la touche finale. De plus on réfléchit beaucoup aux valeurs que défendait Chris…
A mettre dans les films cultes.
[…]
Personne ne devrait être autorisé à parler de la beauté, à l’exception des horreurs. Je suis l’être le plus laid que j’aie rencontré : je considère donc que j’ai ce droit. C’est un tel privilège que je ne regrette pas mon sort.
Et puis il y a une volupté à être hideux. Par exemple, nul n’a autant de plaisir que moi à se balader dans la rue : je scrute les visages des passants, à la recherche de cette instant sacré ou j’entrerai dans leur champs de vision - j’adore leurs réactions, j’adore la terreur de l’un, la moue révulsée de l’autre, j’adore celui qui détourne le regard tant il est gêné, j’adore la fascination enfantine de ceux qui ne peuvent me lâcher des yeux.
[...]
Il y a quelque chose de mal digéré au sujet de la beauté : tout le monde est d’accord pour dire que l’aspect extérieur a peu d’importance, que c’est l’âme qui compte, etc. Or, on continue à porter en pinacle les stars de l’apparence et renvoyer aux oubliettes les tronches de mon espèce.
Comme quoi les gens mentent. Je me demande s’ils en sont conscients. C’est cela qui m’énerve : l’idée qu’ils mentent sans le savoir.
J’ai envie de leur lancer en pleine figure : « jouez aux purs esprits si cela vous chante. Affirmez encore que vous ne jugez pas les gens sur leur mine, si cela vous amuse. Mais ne soyez pas dupes ! »
Amélie Nothomb, extrait de l’Attentat
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